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Eveiller

 
L’Homme sauvera sa propre espèce en étant responsable de ses actes. Quand il réalisera ce que l’animal lui apporte, il portera sur lui un regard nouveau et d’humanité. Il donnera alors sa juste place à l’animal, capable de sensibiliser les êtres humains à la nécessité du respect et de la bienveillance envers le vivant sensible. Demain les animaux nous permettront d’être des adultes plus humains. 

L’animal révélateur. Le respect du vivant humain et animal est le même en essence. Ce qu’un être humain est capable d’infliger à un être vivant animal, il sera aussi capable de l’infliger à un être de sa propre espèce.Le FBI lui-même utilise les données relatives aux actes de cruauté envers les animaux pour croiser ses informations et accélérer certaines enquêtes. On peut donc penser que si l’être humain est capable d’étendre en intention et en action son respect à tous les êtres vivants sensibles alors il sera encore plus enclin à développer en intention et en action sa compassion envers tous les êtres de sa propre espèce. La compassion n’est pas divisible.

L’animal éducateur. Etre indifférent à la souffrance animale dans l’enfance prépare à être indifférent à la souffrance dans sa vie d’adulte. Un enfant qui n’aura pas pris conscience vers l’âge de sept ans que la souffrance existe deviendra moins sensible une fois adulte. L’animal ne sert pas qu’à bercer l’enfant, il structure son aptitude à éprouver de la compassion envers l’Autre et le différent. Ce constat ouvre la voie à la création de programmes d’éveil : développer l’apprentissage naturel, l’intuition, l’intelligence émotionnelle, l’éthique, le sens de la responsabilité. Bref se préparer à vivre harmonieusement en société.

L’animal civilisateur. L’Homme améliorera le monde dans lequel il vit lorsqu’il abandonnera sa vision exclusivement utilitaire des êtres vivants qui l’entourent, lorsqu’il comprendra qu’à chaque fois qu’il prend et reçoit il doit savoir rendre et donner. L’équilibre précaire de notre monde et de la nature est basé sur un échange permanent entre tous les êtres vivants. Or l’Animal fait partie de cette Nature, au même titre que l’Homme. Ce dernier est le mammifère dit le plus évolué, doté d’une conscience projective et créative. Il a donc l’entière responsabilité de protéger le monde du vivant et de partager avec lui la planète dont il est le gardien.

 

La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute liberté et en toute pureté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l’humanité – le plus radical, qui se situe à un niveau tel qu’il échappe à notre regard – ce sont des relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c’est ici que s’est produite la plus grande déroute de l’homme, débâcle fondamentale dont toutes les autres découlent — Milan KUNDERA, L’insoutenable légèreté de l’Etre