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Pacifier

 
L’Homme doit réapprendre à vivre en équilibre avec la Nature, à l’image de ces peuples qui savent respectueusement prélever les ressources nécessaires à leur vie. Les animaux sauvages sont aussi les régulateurs irremplaçables des écosystèmes, les acteurs clé de l’écotourisme et un bien commun partagé. Demain les animaux partageront avec les populations humaines leurs territoires au bénéfice du développement et de la paix.

L’animal nourisseur. Les communautés traditionnelles qui interagissent harmonieusement avec les animaux sont un exemple à suivre pour les populations développées. L’alliance de l’Homme et de l’Univers est une évidence pour ces hommes conscients que le respect du vivant est la condition de leur survie. En effet, la bonne santé de la Nature est le gage de la bonne santé de ceux qui s’en nourrissent. Nous avons d’ores et déjà appris que la mémoire cellulaire existe : la souffrance enregistrée dans les tissus de la chair d’un animal stressé génère des toxines que l’être humain va ensuite consommer. Pourquoi continuer ainsi ?

L’animal pacificateur. Protéger les animaux, c’est protéger la Nature et donc protéger aussi les hommes qui en vivent, en particulier grâce au tourisme. Les populations locales doivent prendre conscience qu’un tigre sur quatre pattes a plus de valeur qu’un tigre en pièces détachées ou réduit en poudre pour la pharmacopée traditionnelle. Certaines organisations comme la Fondation des Parcs pour la Paix se sont saisies de la question en créant d’immenses parcs transfrontaliers permettant de préserver des corridors naturels pour les animaux sauvages. Ainsi, les populations locales bénéficient d’un développement économique durable grâce à l’écotourisme. Comment faire en sorte que ce modèle soit suivi par d’autres entreprises ?

L’animal salvateur. Le rôle pollinisateur de certaines espèces et en particulier des abeilles est vital pour le développement de la flore, des cultures et la survie de l’Homme. En Afrique les éléphants savent se déplacer sur des dizaines de kilomètres pour identifier et creuser à l’endroit précis où se trouvent les nappes souterraines, permettant de faire rejaillir l’eau dans des zones asséchées au bénéfice des populations et des autres espèces. Les éléphants, comme les rats de Gambie, peuvent aussi détecter les mines dans certaines anciennes zones de combat et tracer ainsi des voies sûres pour les populations. Quand allons-nous porter un nouveau regard sur ces animaux qui sauvent l’Homme ?

Tant que l’homme continuera à être le destructeur impitoyable des êtres animés des plans inférieurs, il ne connaîtra ni la santé, ni la paix. On a commencé par couper l’homme de la nature et par le constituer en règne souverain. Jamais mieux qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire, l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes [...]. Claude LEVI-STRAUSS, Anthropologie structurale.